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du Volvestre en Haute-Garonne.
Affaire Polanski : étonnante défense de Mitterrand...
Le ministre de la culture a été l’un des premiers et des plus virulents défenseurs de Roman Polanski lorsque celui-ci a été arrêté samedi soir à l’aéroport de Zurich. Une défense
imprudente et immature qui pose question. Frédéric Mitterrand n’en a-t-il pas fait trop ? N’a-t-il pas exposé imprudemment son cabinet et, par surcroit, le président de la république en
montant au créneau pour un fait avéré et qui regarde la justice d’un pays souverain ? Ne cherche-t-il pas à se protéger ?
En1977, Roman Polanski a violé une gamine de 13 ans. Il s’est soustrait à la justice américaine en 1978 et a trouvé refuge en France, refusant de remettre les
pieds aux Etats-Unis où il risque une très lourde peine de prison pour cet acte de pédophilie imprescriptibe outre-Atlantique. Voilà les faits. On commence à les connaître. Ce qui
intéresse d’ailleurs l’Amérique aujourd’hui, c’est autant la nature de l’acte pour lequel Samantha Geimer, la victime (13 ans à l’époque des faits), a finalement pardonné, que
le fait d’avoir fuit la justice.
Pourquoi, en France, vous le soutenez, Polanski ?
« Un article de Libération paru aujourd’hui résume bien le sentiment qui domine là-bas : « Pourquoi, en France, vous le soutenez,
Polanski ? ». Chez eux c’est l’incompréhension. En Europe aussi, et précisément en France, c’est l’incompréhension. Mais elle est de nature très
différente. Voire diamétralement opposée. Dans un article paru hier en une d’Agoravox Olivier Bailly rappelait que le ministre de la culture
Frédéric Mitterrand et que les réalisateurs suisses de films avaient vivement réagi à cette arrestation et que le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski ainsi que
Bernard Kouchner allaient « demander ensemble à Washington la libération du cinéaste ». Nombreux sont les commentateurs à trouver cette levée de
boucliers indécente.
Une défense larmoyante
En particulier celle, larmoyante à souhait, de Frédéric Mitterrand qui, le jour même, sur Europe 1, faisait
une déclaration aussi énorme qu’ahurissante. La voici in extenso :
« Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, ça voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans notre pays. Je suis très ému en en parlant parce que je
trouve que c’est une chose épouvantable et totalement injuste. Roman Polanski est un homme de cinéma de réputation internationale et c’est une émotion très profonde parce que Roman Polanski est
un homme merveilleux. Et de la voir ainsi jeté en pature pour une histoire qui n’a pas vraiment de sens et de le voir ainsi pris au piège c’est absolument épouvantable. Et de
la même manière qu’il y a une Amérique généreuse, il y a aussi une certaine Amérique qui fait peur et c’est cette Amérique-là qui vient de nous présenter son visage. J’apporte mon soutien
à Roman Polanski. Le président de la république suit le dossier très attentivement, j’ai eu l’occasion d’en parler avec lui ce matin et je pense qu’il est au même diapason d’émotion que moi et
que tous les Français... Je pense que tous les Français doivent être avec Roman Polanski dans cette épreuve ».
Daniel Cohn-Bendit qui a été au centre d’une troumente médiatique en juin, lors d’un débat télévisé avec François Bayrou au moment des élections européennes, ne cache pas
son agacement devant les propos du neveu de Tonton François. Il s’en est ému dans Libération : « C’est une des histoires les plus dures puisque c’est vrai qu’il y a eu viol sur une jeune fille de 13 ans », a
déclaré M. Cohn-Bendit sur Europe 1 :
« C’est un problème de justice et je trouve qu’un ministre de la Culture, même s’il s’appelle Mitterrand, devrait dire : j’attends de voir les
dossiers », a ajouté l’ancien leader de mai 68 prenant le contre-pied des nombreux soutiens en France apportés au réalisateur, y compris au sein du gouvernement
et de la majorité ».
Dans l’émission On n’est pas couchés, Eric Naulleau interpelle Frédéric Mitterrand et évoque "ces jeunes garçons que vous faites monter dans votre chambre".
Il est clair qu’après de tels propos Frédéric Mitterrand peut demander l’asile politique à nos voisins helvètes. Non, c’est une mauvaise idée. Car en Suisse, comme aux
Etats-Unis, les crimes liés à la pédophilie sont imprescriptibles. Oui, d’accord, mais en quoi cela concerne-t-il l’homme à la lippe pendante ? Pas grand chose sinon
qu’il a « pris le pli de payer pour des garçons ».
Ephèbes ou garçons ?
Bon, d’accord. Mais c’est connu, il a écrit tout ça dans Mauvaise vie, un livre publié en 2005 chez Robert Laffont, célèbre éditeur de la place de Paris. Lisons :
« J’ai pris le pli de payer pour desgarçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère
ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies,
les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes,de marché aux esclaves m’excitent
énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très
attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon
système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. »
Gosses, éphèbes, jeunes garçons... où s’arrête le désir de Monsieur ? "Le plus macho des lecteurs devrait être bouleversé par une telle transparence, une vérité
si bien contée, confiée, et non déballée. Un mot résume autant l’être que l’écrivain Mitterrand : c’est l’élégance », peut-on lire sur le site de Radio
France. Alors, s’il s’agit d’élégance...
C’est Libération qui, mine
de rien, nous rappelle que « dans le Washington Post, l’éditorialiste Eugene Robinson (prix Pulitzer 2009) a exprimé son incompréhensionface
au soutien d’une certaine élite francaise, en premier lieu celle du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand (ministre s’étant lui-même autorepenti de ses coucheries avec des
« garçons » en Thaïlande, dans La Mauvaise Vie, 2005) ». Remarquez l’éloquence des guillemets qui entourent le mot "garçons"...
Certes il y a homosexualité et il y a pédophilie. On mélange trop souvent l’une et l’autre. L’homosexualité est une tendance sexuelle qui, si elle
n’engage que des adultes consentants, n’a rien de répréhensible. La pédophilie est un crime. On ne parle pas là de coucher avec des mineurs de 16 ou 17 ans qui ont l’air d’en avoir cinq de
plus, mais d’enfants incapables de s’opposer au désir d’un adulte.
Ces "confessions" de Frédéric Mitterrand n’ont ému personne lorsqu’elles ont paru. Peut-être même étaient elles passées à la trappe. En commentant l’affaire Polanski, on se demande si le
ministre de la culture était dans son rôle de ministre