Identité nationale, le débat qui va déraper
Lundi, Eric Besson ouvrait son "grand débat" sur l'identité nationale. La veille sur France Inter,
il se félicitait, dans une formule de langue de bois héroïque, de constater que le "peuple français s'est saisi du débat sur l'identité nationale", à en
croire un sondage qui disait pourtant tout autre chose. Le même jour en effet, le Parisien publiait un sondage dont la question principale
était partiellement biaisée : on ne demandait pas aux sondés ce qu'ils pensaient de l'organisation d'un tel débat à quelques mois d'élections, mais
s'ils étaient prêts à débattre. D'ailleurs, un autre sondage, publié par CANAL+, interrogeait un échantillon sur le timing de l'opération. Et les résultats ne sont pas fameux pour le
gouvernement : 64% des sondés estimaient que l'objectif principal du gouvernement est «avant tout» une
«volonté de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales».
Pour le reste, l'organisation du débat est encore bien floue : dans l'urgence, le ministre a ouvert un site Web, et adressé une circulaire dès lundi aux préfets de région et de département pour fixer le cadre général des débats locaux. Le site internet annonce cinq
rendez-vous, dont l'un, celui de l'Institut Montaigne, était prévu de longue date. récupérer tout ce qui traîne sur le sujet est de bonne guerre.
Le 4 décembre à l'Ecole militaire (Paris VIIe), même le
président français est annoncé. Les 4 autres "rendez vous" sont une réunion dans les bureaux d'Eric Besson avec des élus du Loiret, et trois autres,
tenues par des élus locaux d'ici la mi-janvier 2010, dont les "modalités sont à définir".
Le site Web
appelle les internautes à contribuer ... en secret ! Mais la page de saisie des contributions est claire : l'internaute n'a d'autre choix que de cocher la
case "Je souhaite vous faire part de mes idées, sans les rendre publiques." Un précision très curieuse, qui n'a rien avoir avec la modération nécessaire
des commentaires.
Bref, on parle bien d'identité nationale, mais pour mieux dénoncer l'opération électoraliste de Nicolas Sarkozy.