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Laïcité

Mardi 29 juin 2010 2 29 /06 /Juin /2010 08:19

par Catherine Segurane lundi 28 juin 2010 - 161 réactions Ecouter en mp3 (Readspeaker)

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La participation à un culte est facultative

La lamentable affaire du barbecue halal géant organisé par la mairie de Dijon n’est que l’une parmi d’autres des tentatives pour faire entrer la nourriture halal dans la sphère publique, et même pour la faire consommer par des non-musulmans.
 
A cet égard, on entend de plus en plus un argument d’apparence bonnasse, mais qui contient cependant en fraude, dans ses bagages, rien de moins que la charia. Cet argument consiste à dire : "La viande Hallal n’est interdite par aucune religion, tout le monde peut en consommer. Il n’est donc pas discriminatoire de la généraliser. Alors qu’il est discriminatoire de ne prévoir que de la viande non-halal, puisque les musulmans n’ont pas le droit d’en manger."
 
On remarquera d’abord qu’en acceptant cet argument manipulateur, nous traiterions les religions avec des égards inversement proportionnels à leur degré de modernité et de respect des droits de l’homme : la religion qui se veut législative deviendrait prioritaire (puisque ses fidèles sont obligés de refuser la nourriture ordinaire, et que cela leur "donnerait droit" à un menu spécial) ; les fidèles dont la religion se contente de conseiller une conduite sans interdire expressément sont invités à s’adapter puisqu’ils le peuvent ; quant aux athées, agnostiques et anti-cléricaux, ils sont complètement oubliés dans ce raisonnement.
 
Désolée, mais nous sommes dans un pays laïque, et ce n’est pas ce que prévoit la loi de 1905.
 
Celle-ci ne prévoit pas que "l’Etat respecte toutes les religions", comme certains font semblant de le croire. Lisons son article premier de façon exacte :
 
"La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public."
 
Ce qui est assuré par la loi, ce n’est pas la seule liberté religieuse. C’est la liberté de conscience, c’est à dire le droit d’avoir une religion ou de ne pas en avoir. Cette liberté est assurée dans le respect de l’ordre public, c’est à dire sans permettre que l’espace public devienne un champ de bataille ou chaque culte exprime ses revendications les plus échevelées.
 
Et relisons l’article 2 :
 
"La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ..."
 
Il est donc interdit de subventionner indirectement l’islam par le biais des taxes de certification halal. Et, même si la taxe halal ne coûtait rien, il resterait interdit de reconnaître publiquement un culte en inscrivant de la viande sacrifiée rituellement aux menus municipaux.
 
Car, ne l’oublions pas : la viande halal a été tuée par un sacrificateur agréé par une mosquée en prononçant une prière et en tournant la tête de la bête vers la Mecque. Or, le sacrifice est un acte cultuel, c’est même un des premiers que l’humanité ait pratiqués. La consommation de la viande fait partie intégrante du sacrifice. Le sacrificateur tue la bête, les fidèles la mangent, en réservant éventuellement une part au(x) dieu(x). Telle est la structure du sacrifice.
 
En mangeant halal, nous prenons donc part à un rite sacrificiel. Il importe donc que soit respecté notre droit de ne pas y prendre part.
 
La question n’est pas de savoir si notre religion, pour ceux qui en ont une, nous permet ou ne nous permet pas de manger halal. Cela, on s’en fout. Les religions, toutes autant qu’elles sont, n’ont rien à nous interdire ou à nous permettre. Et la République, si elle faisait son travail, les rabrouerait vertement quand elles prétendent récupérer ce droit, l’islam en tête, les autres essayant de se cacher derrière lui.
 
He bien sachez, Monsieur Rebsamen, Sénateur-Maire de Dijon, que ma religion ne m’interdit pas de manger halal, et qu’il ferait beau voir qu’elle prétende m’ordonner ou m’interdire quoi que ce soit. Mais là n’est pas la question !
 
Pour refuser de manger halal, je n’ai pas besoin d’un mot d’excuse de mon curé, ou d’un autre religieux.
 
C’est moi qui décide. C’est ma conscience qui m’interdit d’être complice de souffrances inutiles infligées à un animal. Point barre. Et je n’ai pas d’autre justification à vous donner pour exiger que de la viande normale me soit proposée.
 
La liberté de conscience est une prérogative des individus et non des Eglises. Et c’est elle qui est garantie par la loi de 1905.
 
***
 
NDLR : ce lundi matin, le Dijon Football Côte-d’Or a publié le communiqué suivant : "L’organisation souhaite présenter ses excuses à l’ensemble des populations heurtées par le manque de précisions apporté quant au barbecue géant du 9 juillet prochain. La prestation pour se restaurer sera un barbecue pour tous, il est simplement prévu de proposer un stand de viande Hallal pour toutes les personnes qui le souhaiteront. Parce que cette fête du football est un moment pour TOUS et que nous serons heureux d’accueillir le plus grand nombre d’entre vous !"
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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 07:53
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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 06:42
États-Unis : une offensive contre l’avortement

L’État de l’Oklahoma vient d’adopter des lois pour rendre encore plus difficile la possibilité d’interrompre une grossesse. Un médecin est désormais libre de ne pas divulguer aux parents les malformations du fœtus. Les femmes enceintes des suites d’un viol sont soumises à des pressions pour les dissuader d’avorter : par exemple, elles doivent faire une échographie et on les oblige à voir les images du fœtus. Toutes ces mesures visent à culpabiliser les femmes qui désirent avorter.

La liberté d’avoir un enfant ou non, est un droit fondamental des femmes qu’il faut défendre.

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Samedi 1 mai 2010 6 01 /05 /Mai /2010 05:36

Une étonnante publicité de l’Église catholique pour tenter de vendre ce qui ne se vend pas

 Faut-il avoir perdu le nord pour tenter de vendre des réfrigérateurs à des esquimaux ! À moins qu’il suffise d’avoir la foi chevillée au corps, puisque, dit-on, elle déplace les montagnes. Le Service des vocations de l’Église catholique de France, en tout cas, ne recule pas devant l’impossible : essayer de vendre ce qui par nature ne se vend pas parce que ça n’a pas de prix et ne peut faire l’objet d’aucun commerce.

Un paradoxe pour capter l’attention
 
Capter l’attention dans un tel contexte relève de la gageure. Aucun des leurres habituels dont c’est la fonction, ne pouvait être ici retenu, ni leurre d’appel sexuel évidemment, ni leurre d’appel humanitaire, ni leurre d’appel autoritarien, ni leurre d’appel conformiste. Ne restait que le paradoxe dont la contradiction apparente pose une énigme susceptible de retenir l’attention. La présence d’un prêtre catholique sur une affiche publicitaire est, en effet, insolite.
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 06:43
 

Comme si nous étions en plein Moyen Âge, l’Église catholique expose au public ce qu’elle considère comme une de ses plus fameuses reliques : le saint suaire de Turin. C’est sans doute pour « se faire de la pub », comme on dit depuis le vingtième siècle.

L’Église continue de prétendre que ce bout de tissu a servi à envelopper le corps de Jésus. En 1988, suite à une précédente polémique, une datation au carbone 14 avait pourtant conclu que ce tissu avait été confectionné entre 1260 et 1390. Mais les arguments scientifiques et l’Église, ça n’a jamais fait bon ménage et tous les moyens sont bons pour duper les fidèles.

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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 06:41

Comment Juppé et Sarkozy ont protégé l'Eglise traditionaliste

Le maire de Bordeaux, le chef de l'Etat et son directeur de cabinet n'ont pas hésité à bafouer la justice dans cette « affaire d'Etat ».

Alain Juppé et Nicolas Sarkozy à un congrès de l'UMP à Paris, en juin 2003 (Philippe Wojazer/Reuters)

« C'est une affaire d'Etat. » Vice-président du conseil général de Gironde, le socialiste Gilles Savary prononce calmement ces mots, comme pour ne pas les galvauder. Une affaire qui ressurgit et prend une autre dimension depuis la diffusion mardi soir, lors de l'émission Les Infiltrés sur France 2, d'un reportage produit par Capa et intitulé « A l'extrême droite du père ».

Une affaire qui révèle comment Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Christian Frémont, ancien préfet de Gironde devenu directeur de cabinet à l'Elysée, ont protégé l'Eglise traditionaliste dénoncée dans ce reportage.

On y voit notamment Dies Irae (« jour de colère », en latin), un groupuscule d'extrême droite basé à Bordeaux, tenir face à la caméra cachée du journaliste des propos racistes et antisémites, emprunts d'une haine de la « démocratie moderne ». Maire de la ville, Alain Juppé se montre offusqué dans une lettre envoyée mercredi à l'actuel préfet de Gironde, Dominique Schmitt :

« Les comportements et les propos présentés aux téléspectateurs ont été absolument scandaleux. […] Je demande ardemment, une fois les faits avérés, que cette affaire fasse l'objet de poursuites judiciaires. »

 

Les mêmes mots sont aussi adressés le même jour par le maire, cette fois au recteur de l'académie de Bordeaux, Jean-Louis Nembrini. Car le reportage s'immisce également dans l'école Saint-Projet, un établissement bordelais hors contrat, qui « propage des idées qui contreviennent à nos valeurs républicaines », selon Alain Juppé.

 Téléchargez les lettres d'Alain Juppé au préfet et au recteur

« C'est Fafa le patron. Fafa, c'est un copain »

Mais rien à propos de la partie du reportage consacrée à l'Institut du Bon-Pasteur, qui officie à l'église Saint-Eloi de Bordeaux et qui est dirigé par Philippe Laguérie. Issu de la Fraternité Saint-Pie-X, cet abbé est un disciple de Mgr Lefèvre, évêque traditionaliste excommunié par Jean-Paul II, mais dont les partisans ont ensuite été réintégrés au sein de l'Eglise catholique par Benoît XVI.

Si l'Institut du Bon-Pasteur assure l'aumônerie de l'école Saint-Projet, l'abbé Laguérie réfute dans La Croix être proche de Dies Irae : « Nous n'avons aucun lien avec ce groupe. » Pourtant, le journaliste explique que certains de ces jeunes en sont des fidèles et montre une séquence où ils aménagent une « cave gracieusement mise à disposition par des catholiques intégristes » sous les yeux de l'abbé. Lequel affirme aujourd'hui : « Je ne savais pas de qui il s'agissait. »

Or le journaliste, qui a infiltré Dies Irae mais aussi l'Eglise traditionaliste, filme, toujours en caméra cachée, la visite de l'abbé dans ce sous-sol en plein chantier, et entame une conversation avec lui :

- « Monsieur l'abbé, vous soutenez notre mouvement ? »
- « C'est Dies Irae ? C'est Fafa le patron. Fafa, c'est un copain. »

 

« Fafa », c'est effectivement le président de Dies Irae. Fabrice Sorlin de son nom complet. Il est la vitrine politique du groupuscule de 150 personnes, candidat FN aux législatives de 2007. Fabrice Sorlin et Philippe Laguérie se connaissent donc très bien.

Pour achever sa démonstration, le journaliste s'invite d'ailleurs au cours de catéchisme dispensé à l'église Saint-Eloi et dit dans le reportage en voix off : « L'abbé m'a tenu des propos identiques à ceux que j'entends à chaque rendez-vous avec les jeunes de Dies Irae. » Ces propos, filmés aussi, sont sans équivoque :

« L'islam est une religion de guerre et une religion politique. C'est porté dans le bouquin même, dans le Coran. C'est là que c'est dangereux. Il se pourrait qu'un jour il y ait une guerre civile. […] Le problème est de savoir s'il y aura encore des gens qui auront les tripes de réagir. C'est pour ça qu'il faut former. »

 

« C'est cela l'équilibre démocratique »

Alain Juppé n'a donc pas jugé utile de condamner ces propos, alors même qu'il condamne ceux « identiques » tenus par le groupuscule et dans l'école. Pour une raison : l'Eglise traditionaliste a pu prospérer depuis 2002 à Bordeaux grâce aux bons soins du maire. Aidé en cela par l'ancien ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, ainsi que l'ancien préfet de Gironde, Christian Frémont, aujourd'hui directeur de cabinet du président de la République

28 janvier 2002, le maire fait adopter une délibération : « La ville de Bordeaux met l'église Saint-Eloi, sise rue Saint-James à Bordeaux, à la disposition de l'association Eglise Saint-Eloi. » En échange, ladite association s'engage à prendre à sa charge la restauration de l'église et à l'ouvrir au public.

 Téléchargez la délibération du conseil municipal de Bordeaux

Alors leader de l'opposition municipale, Gilles Savary s'aperçoit que se cache derrière la Fraternité Saint-Pie-X et dit au maire qu'il est en train de donner l'église à des traditionalistes. La réponse du maire est dans le compte-rendu du même conseil municipal : « C'est cela l'équilibre démocratique. » Rapport au cinéma Utopia qualifié par Alain Juppé de « foyer d'animation trotskiste, anarchiste ».

Egalement conseillère d'opposition à l'époque, l'actuelle députée socialiste de Gironde, Michèle Delaunay, se souvient aussi sur son blog :

« La municipalité nous a présenté une délibération ou, sciemment, les mots “association culturelle” étaient utilisés à la place d'“association cultuelle”. Il y avait clairement volonté de cacher et cela seul méritait notre opposition. »

 

« L'arrêt préfectoral n'a pas été retrouvé »

Gilles Savary ne désarme pas et demande « au préfet de faire jouer son contrôle de légalité », mais il « ne bouge pas ». Alain Juppé comme Christian Frémont fondent la légalité de la délibération sur le fait que l'église est désaffectée. Mais, si le culte n'y est plus exercé depuis 1981, la désaffection d'une église répond à « une procédure administrative extrêmement précise », qui n'a jamais été mise en œuvre, explique l'élu socialiste :

« Elle n'était pas désaffectée du tout, c'est-à-dire qu'elle appartenait [à l'Etat en vertu de la loi de 1905 et devait être dévolue] au culte catholique romain et que Monsieur Juppé, volontairement, essayait de lui soustraire pour la donner à l'équipe de l'abbé Laguérie et de la Fraternité Saint-Pie-X. » (Ecouter le son)

 

 

« Les services m'assurent qu'elle est désaffectée », répond invariablement au téléphone Christian Frémont à Gilles Savary, tout en lui indiquant qu'il ne retrouve toutefois pas le document le démontrant. L'élu socialiste demande au préfet de mettre par écrit cette réponse. Ce qu'il fait en 2002 dans un peu banal courrier officiel :

« Désaffecté, cet édifice est utilisé à d'autres fins que le culte, par la maire de Bordeaux, depuis 1981. Toutefois, malgré les recherches entreprises par mes services dans les archives conservées par la préfecture, l'arrêt préfectoral prononçant la désaffection n'a pas été retrouvé. »

 Téléchargez la lettre du préfet de Gironde

« La République ordonne au ministère de l'Intérieur »

 
Savary « censuré » ?

 

Invité à débattre sur le plateau de l'émission après la diffusion du reportage, Gilles Savary affirme à Rue89 qu'il a été « censuré lourdement ». Son intervention, enregistrée le 10 avril, a été réduite à quelques secondes. Exit les références à Christian Frémont et Nicolas Sarkozy.

Contacté par Rue89, Capa « assume » la coupe et explique que l'élu socialiste « évoquait également dans les deux mêmes phrases l'abbé Laguérie et l'église Saint-Eloi », alors que Capa était tenu juridiquement de conserver l'anonymat des personnes et des lieux filmés en caméra cachée.

« C'est faux, il serait intéressant de voir la coupe pour montrer que j'ai longuement parlé et qu'il était possible de couper en laissant les noms de Christian Frémont et Nicolas Sarkozy », rétorque Gilles Savary. Ce que que Rue89 a demandé à Capa, qui a refusé.

Gilles Savary et l'archevêque Jean-Pierre Ricard engagent alors deux recours parallèles en 2002. Le tribunal administratif abonde dans leur sens et annule la délibération en question. L'église Saint-Eloi n'est pas désaffectée. N'en déplaise à la droite qui aime séduire l'électorat de l'extrême droite.

 Téléchargez le jugement du tribunal administratif

Devant l'inertie conjuguée du maire et du préfet, Gilles Savary prend alors sa plume pour en référer au ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, à qui il demande, « dans le respect des principes républicains, de veiller à l'application des décisions de justice administrative ».

 Téléchargez la lettre au ministre de l'Intérieur

L'intéressé ne répond pas. Ni en 2002 ni en 2004, lorsque la cour administrative d'appel confirme le jugement. L'arrêt sera pourtant notifié à Nicolas Sarkozy, avec cette injonction finale :

« La République mande et ordonne au ministère de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt. »

 

 Téléchargez l'arrêt de la cour administrative d'appel

 Téléchargez l'arrêt du Conseil d'Etat

« Tout l'appareil d'Etat couvrait Juppé »

Le rejet du pourvoi devant le Conseil d'Etat de l'association Eglise Saint-Eloi, un an plus tard, n'y changera rien. L'abbé Laguérie officie toujours dans le bâtiment et des préceptes, condamnés dans d'autres lieux, y sont toujours librement dispensés. La conséquence d'un dysfonctionnement de tout « l'appareil d'Etat », conclut Gilles Savary :

« Il y a un acte politique volontaire, notoirement illégal et assumé comme tel de la part à l'époque d'Alain Juppé, mais aussi de tout l'appareil d'Etat qui le couvrait pour installer ces gens là. » (Ecouter le son)

 

 

Interrogé sur cette affaire lundi en conseil municipal, Alain Juppé a balayé le sujet, rapport Sud-Ouest : « Saint-Eloi n'a rien à voir avec l'ordre du jour. » Ce jeudi, en réponse à Rue89, la mairie s'est défaussée sur Christian Frémont : « La ville a installé l'agrégation avec le soutien du préfet. » L'Elysée n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations, ni sur le président de la République ni sur son directeur de cabinet.

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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 05:46

Un chevalier de Malte pas comme les autres

En France, la laïcité et la République sont des mots qui vont bien ensemble à toutes les sauces, se servant de pilier en alternance. Mais combien de citoyens sont au courant que La France est le seul pays constitutionnellement laïque de l’Union Européenne ? 

La constitution portugaise qui cite la laïcité une fois (article 41), n’est en fait qu’un concordat du modèle Alsace Moselle. Tandis que tous les autres pays membres sont plus ou moins séculiers, certains même pas...

La laïcité est donc bien une exception française dans l’espace européen. Mais pour combien de temps ?
 
Malmenée par la montée non pas de l’islam, mais de l’islamisme parmi sa population musulmane la plus importante de l’Europe, remise en question même par “son” chef d’état Sarkozy, jusqu’à quand la France pourra assumer, et surtout comment assurer cette exception ?

La laïcité n’est pas un acquis naturel, c’est un choix social imposé par un vécu collectif. Sa survie dépend de la continuité de son enseignement aux jeunes générations qui en jouissent sans avoir subi son manque.
 
Si la laïcité est le pilier de l’éducation nationale, l’éducation n’en est pas moins de la laïcité et dans ce cas, l’on peut considérer que “l’exception française” est déjà bien égratignée par les concessions faites à l’école privée, voire confessionnelle.

L’implantation de la confrérie islamiste Fethullah Gülen est un vers de plus dans la laïcité vulnérable de l’Education Nationale. Il ne faut pas sous-estimer cette organisation mondiale, ni ses écoles encore peu nombreuses en France. Aucun pays de l’Europe n’est épargné, il y en a même à Malte  !
 
Une fois en place, la machine est vorace. Certains pays le réalisèrent plus vite que d’autres. La Russie qui mène des enquêtes sur les établissements de la confrérie depuis 2003, ferma 16 écoles sous le motif officiel de “nuire à l’éducation nationale et faire la propagande de l’islamisme radical” et extrada 52 enseignants en 2006, qu’elle dénonce preuves à l’appui, de “fomenter des résurrections ethniques sur le sol russe”, dans le but (supposé) de servir les intelligences étrangères (Source : quotidien turc Cumhuriyet, 10.02.2006).

L’Ouzbekistan avait précédé la Russie : les 18 écoles qui s’y étaient implantées furent fermées et leurs enseignants turcs interdits de séjour entre 1999 et 2000. La raison était claire : en Février 1999, le président ouzbek Kerimov échappa de justesse à un attentat à la bombe, dont les commanditaires ouzbek étaient soupçonnés d’appartenir au mouvement Gülen, et qui fuirent... en Turquie.
 
Ils furent arrêtés à l’aéroport d’Istanbul et extradés vers l’Ouzbekistan en Mars 1999 puisque le “mouvement” n’était pas encore au pouvoir en Turquie via le gouvernement AKP, ce qui est le cas aujourd’hui.

L’avenir du mouvement Gülen est actuellement incertain au Kirghizistan aussi. Le gouvernement déchu de Kourmanbek Bakiev avait permis à la confrérie de cerner le pays (5,5 millions d’habitants) d’une quinzaine de collèges, lycées, une université et d’une chaîne de magasins appartenant au “meilleur ami” du premier ministre turc Erdogan et fervent serviteur de Fethullah Gülen, un homme d’affaire international nommé Remzi Gür.
 
Selon la presse turque (odatv.com) les opposants qui renversèrent Bakiev ont saccagé tous les magasins de ce dernier, avec une délectation particulière, et le nouveau régime de transition ne verrait pas d’un bon oeil les établissements du Maître, à son goût un peu trop soutenu par les Américains. Mais ce n’est pas tout : les Kirghizs soupçonnent la nébuleuse Gülen d’avoir incité la Révolution des Tulipes qui avait hissé l’ex-président Bakiev au pouvoir. 
  
Bien sûr la France n’a rien à voir avec ces pays émergents d’Asie, immatures et fragiles. Elle ne risque pas d’être la scène d’une pareille infiltration islamiste, du travail de sape contre le régime ou d’un conflit qui opposeraient ses intérêts à ceux des Etats Unis. Pourquoi voudrait-on la déstabiliser d’ailleurs ? Elle n’a ni gaz naturel, ni pétrole...

Mais est-ce que les Américains contrôlent vraiment les politiques qu’ils mettent en place aux quatre coins du monde et les armes qu’ils créent ? Car la confrérie panturkiste islamiste de Fethullah Gülen en est une, ni ses écoles, ni ses entreprises ne sont sûrement pas là pour intégrer le penser français chez les jeunes immigrés musulmans, encore moins celle de la laïcité.
 
C’est une organisation profondement anti-laïque, qui prêche un islam évangéliste aux masses musulmanes que les EU ont décidé de rédempter, pour le bien et au nom de l’Occident, faute de pouvoir les contenir. Soit.

İl faut être aveugle pour ne pas voir que les sociétés judéochretiennes de l’Europe vieillissent et pour plusieurs d’entre elles, la relève sera issue d’une immigration plutôt musulmane.
 
Le projet d’éradiquer le radicalisme et l’obscurantisme avec une islamisation évangéliquement convergente et coopérative peut être un dessein intelligent. Et assurer ainsi la pérennité de l’héritage culturel judéochrétien, surtout en Europe, pourquoi pas ?

Et pourquoi si ? Qui peut garantir qu’un projet aussi ambitieux va réussir dans le sens prévu, que la manipulation presque génétique de l’islam servirait à le modérer et non pas le grossir ?

Sur une des sites web satellites de la confrérie Gülen, un acolyte se félicite en 2008 de la première école turque à Malte : “Ces établissements servent de relais vers la conversion à l’islam. Malte est un jardin fruitier, cette école est le premier arbre que nos émigres dévoués y plantent. ‘Inchallah’ nous vivrons assez longtemps pour voir ce jardin bien garni. Que leur nombre augmente et que la tâche soit aisée, par la volonté de Dieu.” (www.nurforum.org)

Je vous rappelle que Malte est hautement symbolique : la confrérie panturquiste et islamiste Gülen revient là, où les Chevaliers de Malte s’étaient battus contre les Ottomans, la croix avait arrêté l’avancée du croissant en 1565.

Comme toutes les écoles du mouvement Gülen, l’école de Malte aussi à un site web (www.visionmalte.com) qui ne laisse rien apparaître quant à son appartenance. En 2009, une seconde école s’est ajoutée à celle-là, mais je n’ai pu localiser son site web.

Il n’est d’ailleurs pas possible d’établir une liste complète ni des écoles, ni des sociétés affiliées, ni d’aucune activité de la confrérie. C’est à cause de cette opacité qu’elle est définie comme “galaxie ou nébuleuse Gülen”.

Les mauvaises langues racontent que les 2 écoles maltaises de la confrérie Gülen sont sous la protection du magnat Mubariz Mansimov, un armateur azerbaidjanais (turcoman) dont la flotte est l’une des cinq premières du monde.

Ancien agent du KGB et ex-oligarque russe, Mansimov prit la nationalité turque récemment. Il a bâti son empire depuis Malte, avec une première société Palmali Shipping, en 1989. Il est profondément panturquiste et musulman. Quelle coalition !
Et cette fois, la voie est libre, le marché libéral, et pas de Chevaliers de Malte à l’horizon... 
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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 06:33

Jean-Paul II couvrait les prêtres pédoclastes : les effets inattendus d’un secret divulgué par Golias

Les médias traditionnels aiment reprocher aux sites citoyens d’information sur Internet de ne pas apporter d’informations nouvelles et de se limiter aux « commentaires » de celles qu’eux-mêmes diffusent. On s’est fait soi-même interpeller sur la question à Europe 1 en novembre dernier par M.-O. Fogiel (1). Outre qu’une information livrée par les médias traditionnels peut-être falsifiée par simple mise hors-contexte et devenir une information nouvelle une fois rectifiée par restitution de contexte sur un site citoyen, il arrive aussi qu’une information inédite soit apportée par un site et qu’un média traditionnel la reprenne mais en se gardant bien de mentionner le site qui en a parlé le premier. « Le Journal de 13 h » de France Inter, dimanche 18 avril 2010, vient d’en donner un exemple (3)

 
Une information exclusive du site Golias dissimulée par France Inter
 
Le journaliste a présenté comme une révélation l’aveu fait, samedi 17 avril 2010, par le cardinal Dario Castrillon devant une assemblée de prêtres et prélats espagnols à l’Université catholique de Murcia. Celui-ci a revendiqué une lettre qu’il avait adressée à l’évêque de Bayeux-Lisieux Pierre Pican, en 2001, après sa condamnation à trois mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’un prêtre de son diocèse qui avait été lui-même condamné à 18 ans de prison pour atteintes sexuelles infligées à mineurs de moins de quinze ans.
Or, l’information était une exclusivité de la revue Golias, disponible sur son site dès le 30 mars 2010 : la copie intégrale de la lettre du cardinal datée du 8 septembre 2001 y était publiée et l’est encore. Le 2 avril suivant, on reprenait soi-même l’information sur AgoraVox en reproduisant la lettre pour en tirer une analyse de l’exercice de l’autorité dans l’Église catholique, somme toute comparable à la pratique du pouvoir par toute hiérarchie livrée à elle-même sans contre-pouvoir (2). Quel média traditionnel s’est fait l’écho de ce document décisif sur la politique de protection des prêtres pédoclastes organisée par la hiérarchie de l’Église Catholique ? On n’en a pas eu vent !
 
Les effets inattendus de la diffusion d’un secret
 
Or, si Golias ne l’avait pas publié, quel média traditionnel aurait osé le faire, puisqu’aucun d’eux n’a même eu le courage de relayer l’information ? Et dans ce cas, le cardinal Castrillon aurait-il été amené à en parler si le document était resté secret ? Or, on voit aujourd’hui les effets aussi inattendus que bénéfiques de sa divulgation : elle a placé le cardinal devant un choix binaire embarrassant comme "une fourchette" aux jeu d’échecs qui force l’adversaire à sacrifier une pièce majeure pour défendre prioritairement son roi : ou nier la lettre ou l’assumer. Le prélat a dû sentir toute la rigueur de l’adage romain : « Verba volant, scripta manent ».
- Pouvait-il nier cette lettre et crier au faux ? C’était prendre le risque que Golias le confonde avec d’autres possibles documents en sa possession : la revue est réputée pour le sérieux de ses informations. Il a donc préféré assumer sa lettre et même revendiquer sa conduite.
- Et c’est l’effet inattendu de la divulgation de cette lettre secrète. Le cardinal a choisi de ne pas porter seul la responsabilité de cette politique. On l’avait évidemment compris à la seule lecture d’une telle missive : il ne pouvait pas l’avoir écrite sans avoir reçu l’assentiment ou l’ordre de son chef suprême : « J’ai consulté le pape, a-t-il reconnu selon le correspondant de France Interpuis j’ai écrit à l’évêque pour lui dire que c’était un exemple, le modèle d’un père qui ne trahit pas ses enfants. » Il ne fait donc plus de doute : la protection des prêtres pédoclastes a été la politique réfléchie de la hiérarchie catholique : entre un individu criminel et un enfant violenté, la hiérarchie avait ordre de protéger le criminel au détriment de sa petite victime en violant au besoin les lois civiles qui font obligation de dénoncer toutes atteintes sexuelles infligées à un mineur de quinze ans.
Seulement le paternalisme n’est pas encore une catégorie juridique, mais seulement un leurre par amalgame qui maquille le rapport à l’autorité sous les apparences d’une relation paternelle et filiale pour rendre la soumission aveugle plus supportable. Jean-Paul II que certains voulaient voir canonisé « subito presto », ne va-t-il pas devoir souffrir certains dommages collatéraux : un saint donné en exemple à la chrétienté peut-il avoir mené une politique de protection de prêtres pédoclastes au détriment de leurs jeunes victimes ?
 
L’information censurée de France Inter
 
La radio France Inter s’est donc contentée de relater la réaction en chaîne qu’a provoquée la divulgation par Golias d’une lettre secrète du cardinal, mais sans informer ses auditeurs du détonateur qui a produit cette réaction. Point n’est besoin pourtant à l’heure d’Internet d’avoir un correspondant à Madrid pour un tel travail. Quelques clics seulement sur la toile suffisaient et la radio pouvait comme tout le monde prendre connaissance de la lettre du cardinal publiée par Golias et en faire état sur les ondes.
 
La station est d’ailleurs à ce point peu curieuse qu’elle n’a même pas cru bon de rappeler une information complémentaire utile recueillie pourtant par un média traditionnel mais concurrent, RTL, le 2 avril dernier. Interviewé, l’évêque Pierre Pican qui avait été félicité par le cardinal Castrillon, alors préfet de la Congrégation pour les prêtres (sorte de ministre de la fonction religieuse au Vatican) a entonné un hymne à la façon d’Édith Piaf : « Non rien de rien, non, je ne regrette rien ! ». Et si c’était à refaire, il agirait de même : « Non, déclare-t-il d’une voix ferme, je ne peux pas nourrir de remords par rapport à ma position. Je ne regrette pas de n’avoir pas dénoncé. Je ne l’ai pas fait et, je dois dire, je n’y ai pas du tout songé comme étant une possibilité, une issue. La question ne m’a pas traversé l’esprit, je dois dire. (…) Aujourd’hui, je ne dénoncerais pas, (…) pas aujourd’hui plus qu’hier. Ma position est extrêmement claire. Et je préfèrerais être condamné par la justice de mon pays (plutôt) que de trahir ma conscience. Et je n’appelle personne à me suivre. (À propos des victimes) Je mesure la profondeur d’un tel drame, d’un tel comportement qui est tout à fait inqualifiable et donc évidemment leur présence à ma prière, elle est continue, permanente, ça c’est clair !  » Prière aux effets incertains pour les victimes mais protection assurée pour leurs bourreaux !
Paul Villach
Publié dans : Laïcité
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